Nos souvenirs nous emportent. Il nous hantent, ils sont comme les fantômes de nos passés, comme nos traîtres ancêtres. Ni morts, ni vivants, ils errent dans nos consciences, comme des âmes en peine, et nous refoulons les pires. Mais le fait est qu'un souvenir est une partie de soi, de sa vie. Un souvenir ne s'efface pas. On vit des vents de renouveau, et on construit de nouveaux ouragans de réminiscences, parce qu'on ne peut oublier ce qu'on a vécu, on en garde les marques sur le visage. On en garde l'écrit dans les yeux. Ça reste gravé au plus profond. &Parfois, on ressasse, parfois, on ressort, on subit, et puis on sombre.
Je me nourris de tout désir. Je vis de mes souvenirs. Je rêve du passé. Il s'est pourtant enfui. J'entends une voix, je sens l'herbe humide au bout de mes doigts, une caresse, un visage qui s'approche, des lèvres sur mon cou... Tu sais, lorsque le soleil te réchauffe le visage. Quand tu ne penses qu'au présent. Tout cela forcément, ne dure qu'un temps. Alors aujourd'hui, perdu dans la mer, au milieu d'un néant, je termine. Je me finis. Car mes rêves sont ma vie. Finalement, ce n'est pas si difficile. Un sourire, une ride au coin des lèvres, un regard, simplement des images. Une photo me glisse entre les doigts, me donne envie de fermer les yeux, de replonger dans ce passé. Je coule. C'est si profond. Un passé aux allures de princesse, un passé que je déteste. Mais c'est le moment d'accepter, d'accepter enfin la réalité.

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